
La culture asturienne est en deuil. L'écrivaine Helena Trexu Fombella, originaire de Langreo, s'est éteinte à l'âge de 82 ans, laissant un immense vide dans la littérature asturienne. La nouvelle, confirmée par l'association Iniciativa pol Asturianu à la demande de la famille, a profondément ému tous ceux qui l'ont connue et appréciée.
Les obsèques auront lieu ce dimanche. La maison funéraire Noega – El Lauredal de Gijón accueillera une cérémonie d'adieu et un hommage à 18h00, en présence d'écrivains et d'artistes liés à l'auteure. Ce sera l'occasion de se souvenir d'une femme qui a consacré sa vie à la défense de la langue asturienne et du féminisme.
Une vie consacrée à la littérature et aux langues
Née à Sama de Langreo en 1944, Helena Trexu Fombella a connu une carrière littéraire prolifique. Après avoir vécu plusieurs années en Catalogne, elle est retournée dans les Asturies dans les années 1980 pour se consacrer pleinement à l'écriture en langue asturienne. Son engagement était tel que, comme elle le disait souvent, elle écrivait « par activisme et par amour », une formule qui résume parfaitement sa démarche.
Son œuvre englobe la poésie, le récit, la traduction et, surtout, la littérature jeunesse. Des titres comme « Camientos, coses, curuxes » (1989), « Abril » et « Ringleres de carbón y salitre » sont déjà considérés comme des classiques. En 1995, elle a reçu le Prix de traduction de l'Académie de la langue asturienne et, quelques années plus tard, en 2008, le prix du concours Llectures pa rapazos pour « Olaya n'África », l'une de ses œuvres les plus appréciées.

L'héritage d'Epona et la littérature enfantine
Mais s'il y a un pilier fondamental dans sa biographie, c'est bien l'association culturelle Grupu Epona, qu'elle a fondée en 1999. Par le biais de cette organisation, elle a promu le conte, les ateliers pour enfants et les publications de livres, convaincue que « les histoires et les légendes d'un lieu doivent être connues dans sa propre langue ». Son travail a été essentiel pour normaliser l'asturien auprès des jeunes enfants.
La liste des publications pour enfants est interminable : « Onde'l ríu besa la mar », « Llara quier ser astrónoma », « Nora na viesca los milenta güeyos », « Mitoloxía asturiana pa rapaninos y rapacines »… Toutes témoignent d'une capacité innée à toucher le jeune public sans renoncer à la qualité littéraire ni à la défense de la culture asturienne.
Féminisme, engagement et reconnaissance
Helena Trexu était bien plus qu'une écrivaine. Militante infatigable, elle a porté une voix féministe à une époque où cela s'avérait difficile, et défendu avec conviction les droits linguistiques, humains et sociaux. Son anthologie « Poética de Muyeres » (2014) témoigne de son engagement à mettre en lumière les femmes qui écrivaient en asturien, brisant ainsi une double barrière : celle de la minorité linguistique et celle du genre.
Tout au long de sa carrière, elle a reçu de nombreuses récompenses, dont le prix Vital Aza (2001), le prix Elvira Castañón (2002) et le prix Asturnet (2007). Son dernier roman, « Víes » (2023), et son second roman, « Ente muyeres », qui devait paraître aux éditions La Semeya, témoignent de la vitalité de sa créativité jusqu'à la fin. Sa fille, l'artiste plasticienne Violeta Mateu, a collaboré avec elle en illustrant plusieurs de ses livres pour enfants.

Un dernier adieu à Gijón
La chapelle funéraire ouvrira ses portes à 10h00 ce dimanche au funérarium Noega – El Lauredal, situé au 468, Camino de Paquet. La cérémonie d'adieu aura lieu à 18h00 et réunira des personnalités telles qu'Inaciu Galán, Sofía Castañón et la ministre de la Culture, Vanessa Gutiérrez. À l'issue de la cérémonie, la crémation se déroulera dans l'intimité familiale.
La disparition d'Helena Trexu laisse un vide difficile à combler dans le paysage culturel asturien. Sa voix, à la fois ferme et chaleureuse, continuera de résonner dans chacun de ses poèmes, dans les contes qui ont bercé l'imaginaire de tant d'enfants, et dans le souvenir de celles et ceux qui ont partagé avec elle le combat pour la dignité de la langue asturienne. Son immense et riche héritage demeure intact pour les générations futures.
